Dimanche 18 novembre 2007
Il fait partie de ces personnes dont on dit qu’il ne laisse pas indifférent, que l’on adore ou que l’on
déteste. Idée reçue sûrement, et bien que me rangeant plutôt dans la première catégorie, je crois surtout que je déteste l’adorer. Mais là, on parle du « personnage » Frédéric
Beigbeder. En revanche, celui que je suis sûr d’admirer c’est l’écrivain qu’il est.
Un style d’écriture en plein accord aussi bien sur la forme que sur le fond. Ainsi, dans notre société
stakhanoviste de l’euphémisme, l’emploi des mots les plus crus pour des faits les méritant relève de la subversion. Hors Beigbeder n’est pas subversif pour un sou (il le serait uniquement pour
beaucoup plus) : c’est un observateur qui au pire expose et au mieux explique une vérité, sa vérité.
Là où certains ne voient que cynisme (il l’utilise d’ailleurs brillamment, mais son style y est trop
souvent réduit), on peut aussi penser réalisme voire lucidité. Il est certes plus confortable de rejeter en bloc l’univers dépeint par Beigbeder dans « 99 francs » et pourtant c’est
déjà le conforter, si l’on ne fait pas l’effort ne serait-ce que d’admettre son authenticité. Mais, chose plus grave, Beigbeder est accusé de nombrilisme, d’égocentrisme ou que sait-je pour la
manière dont il traite les évènements du 11 septembre dans « Windows on the World » : erreur, c’est au contraire ramener un événement tragique, un drame national et international
capable de bouleverser l’ordre mondial, à une dimension plus humaine, proche du vécu de l’individu, ses doutes, ses souffrances et ses difficultés lorsqu’il est face à lui-même, face à son
destin, face à ce qu’il est tout simplement.
Autre supposée constante du style de l’auteur : son humour, qui n’est en fait que l’illustration et
le reflet de l’ironie du monde qui l’entoure. Une fantaisie dont il fait preuve non seulement dans ses écrits, mais aussi dans des situations, en théorie, plus sérieuses comme lors de la
promotion de son dernier roman « Au secours, pardon ». En effet, aucune promotion dans les médias traditionnels mais un « tomcast* », de plus de vingt minutes, diffusé sur le net.
Une vidéo dans laquelle Beigbeder justifie la non-promotion télévisée de son livre par un snobisme assumé. On peut aussi y voir l’amusement et la volonté de liberté de l’écrivain.
ZEHLAIE
* Retrouvez le « tomcast » de Frédéric Beigbeder sur le très riche et intéressant blog de Thomas Clément http://clement.blogs.com. Je le mets dans mes liens. Interview également disponible sur dailaymotion http://www.dailymotion.com/video/x2i3ye_frederic-beigbeder_fun .
Mots-clefs: Frédéric-Beigbeder, Beigbeder, écrivain, auteur, 99-francs, Windows-on-the-World, Au-secours-pardon.